Soudan : au moins 56 morts et 170 blessés dans les affrontements entre armée et paramilitaires RSF – Base Cote Media

Soudan : au moins 56 morts et 170 blessés dans les affrontements entre armée et paramilitaires RSF

Depuis ce samedi 15 avril au matin, la capitale soudanaise Khartoum est le théâtre d’affrontements entre l’armée régulière du général al-Burhan et les paramilitaires des forces de soutien rapide (RSF) du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti ». Dans un communiqué publié dimanche matin, le Syndicat des médecins a fait état d’au moins 56 morts et 170 blessés dans les affrontements. Un bilan provisoire.

Selon les correspondants de l’AFP, les fenêtres ont tremblé et les immeubles ont été secoués dans de nombreux quartiers de Khartoum pendant les affrontements samedi, et des explosions ont été entendues tôt dimanche. Le Syndicat des médecins soudanais publie régulièrement des bilans des victimes.

Dans un communiqué publié samedi en fin de journée, l’armée soudanaise a demandé à la population de rester chez elle alors qu’elle poursuivait ses frappes aériennes contre les bases des paramilitaires et des positions tenues par les hommes de Hemedti. C’est donc dans une atmosphère de guerre civile que se sont endormis samedi soir les habitants de Khartoum. La plupart sont restés cloitrés chez eux. Ceux qui ont été surpris par les combats ont tenté de se cacher ou de trouver refuge chez des inconnus. Le conflit a pris des allures de guérilla de rue, mais la situation reste obscure, rapporte notre envoyé spécial Eliott Brachet.

Les deux forces se contredisent dans leurs déclarations, le général al-Burhan a affirmé que l’armée régulière contrôlait le palais présidentiel et l’aéroport international, revendiqué plus tôt par les Forces de soutien rapide. De son côté, le chef des paramilitaires assure que ses troupes ne s’arrêteront pas tant qu’elles n’auront pas pris le contrôle de l’ensemble des bases militaires. Après avoir assailli ce matin la base de Merowe, dans le nord du pays, les RSF du général Hemedti ont tenté de prendre le contrôle des aéroports des grandes villes du Darfour.

Depuis des mois, les deux camps avaient recruté de nombreux soldats et miliciens dans les communautés de la région. C’était l’une des craintes majeures que le conflit entre deux hommes ne se répande à tout le pays pour de nombreux Soudanais en cette fin de mois de ramadan, c’est le pire scénario qui pouvait se produire. Ils disent que ce n’est pas leur combat. Et qu’il paye encore le prix des 30 ans de règne d’Omar el-Béchir déchu en 2019, qui avaient planté les graines d’une confrontation entre ces deux armées.

Ce que l’on sait sur les évènements de la journée

La guerre est donc déclarée entre les deux armées du Soudan. La rivalité entre les généraux al-Burhan et Hemeti, aux commandes depuis le putsch de 2021, vire à l’affrontement armé.

Les combats ont commencé vers 9h ce samedi matin. Rapidement, les paramilitaires des Forces de soutien rapide ont revendiqué le contrôle de l’aéroport de Khartoum et le palais présidentiel. Quelques minutes plus tard, l’armée régulière a envoyé ses avions de combat mener des frappes aériennes, revendiquant avoir détruit des bases et des positions tenues par les forces du général Hemedti.

Des combats ont également eu lieu au nord du pays, autour de la base militaire de Merowe, avec des craintes que le conflit se répande au Darfour, où l’armée et les RSF ont recruté en masse, ces derniers mois.

Au milieu de la confusion, le général al-Burhan est apparu sur une vidéo dans ce qui ressemble à une salle des opérations, à Khartoum, l’air serein devant des écrans de contrôle.

L’armée a qualifié les RSF de milice rebelle. De son côté, Hemedti, s’est exprimé au téléphone sur Al-Jazeera, le ton haletant, affirmant que c’est l’armée qui a déclenché les hostilités et qualifiant le général al-Burhan de « criminel qu’il faut traîner devant la justice ou bien tuer ».

L’heure n’est pas à la désescalade. L’avenir du pays, quatre ans après la chute d’Omar el-Béchir, est entre les mains des deux généraux, plongeant le Soudan dans l’inconnu.

rfi