Allemagne: vers Merkel IV et des élus nationalistes au Bundestag?

Les Allemands votent dimanche pour des législatives qui devraient confirmer Angela Merkel à la chancellerie pour un quatrième mandat, mais aussi se traduire par une percée historique de la droite populiste et nationaliste. Les bureaux de vote ont ouvert à 8h précises ce dimanche 24 septembre dans 299 circonscriptions comptant 61,5 millions d’électeurs.

Les bureaux de vote ont ouvert en Allemagne, où près de 62 millions de personnes sont appelées aux urnes pour des élections législatives. À moins d’une énorme surprise, on s’attend à une large victoire du camp conservateur qui devrait permettre à la chancelière Angela Merkel, au pouvoir depuis 2005, d’entamer un quatrième mandat à la tête du pays.

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Tous les sondages donnent son principal adversaire, l’ex-président du Parlement européen et chef des sociaux-démocrates Martin Schulz, largement battu.

 Le score pourrait être amplifié par une très grande abstention, les sondeurs l’estimant à près de 37%. Ces indécis, Angela Mekel comme Martin Schulz ont essayé hier dans les toutes dernières heures de campagne de les mobiliser. Martin Schulz a sonné le tocsin contre l’extrême droite et ses élus fossoyeurs de la démocratie à la CDU. C’est le ministre de l’Intérieur qui s’est élevé contre l’AfD, « le loup déguisé en agneau », a dit Thomas de Maizière.

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Pas facile pour autant de faire se déplacer les électeurs, tant le scrutin semble joué d’avance, avec cette prolongation vue du bail d’Angela Merkel à la chancellerie.

Mais pour le reste, nombreux sont les points d’interrogation et notamment l’allure de la future coalition du gouvernement. Si le SPD par exemple enregistre une défaite historique à moins de 23%, la lecture du scrutin sera immédiate, les électeurs auront sanctionné la grande coalition, le parti pourrait bien retourner dans l’opposition et serait plongé dans une grave crise. La CDU d’Angela Merkel a elle aussi perdu du terrain ces dernières semaines, alors la perceptive pourrait être une chancelière affaiblie, des négociations de gouvernement pour une coalition inédite à trois parties, avec deux partenaires en plus : les libéraux et les écologistes qui n’ont rien en commun.

Au final, c’est peut-être un paysage politique éclaté qui va se dévoiler ce soir avec le coup de tonnerre d’une entrée des députés de l’extrême droite au Parlement, l’AfD. Certains commencent déjà à pointer la responsabilité de la chancelière. Dans un édito d’une rare sévérité, le journal Der Spiegel rebaptisait Angela Merkel « la mère du monstre ».

rfi