Le sort des Rohingyas en discussion à l’ONU

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni mercredi 13 septembre à huis clos sur la situation en Birmanie. Selon l’organisation, 370 000 Rohingyas ont déjà fui les persécutions et les violences au Bangladesh voisin. Mais malgré les accusations de nettoyage ethnique portées contre les autorités birmanes, les diplomates sont restés très mesurés dans leur réponse du fait des réticences de la Chine : ils ne condamnent pas directement le silence de la présidente Aung San Suu Kyi et ils se sont uniquement accordés sur des « éléments à la presse ».

En langage diplomatique, c’est la déclaration la plus faible. Elle a été lue par l’ambassadeur éthiopien qui préside le Conseil de sécurité au mois de septembre et qui n’a pas caché sa déception face à cette unité à minima des diplomates : « Ils ont exprimé des préoccupations concernant les rapports de violence excessive pendant les opérations de sécurité et ont appelé à des mesures immédiates pour mettre fin à la violence à Rakhine. »

Un peu plus tôt, c’est le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui appelait les autorités birmanes à mettre un terme à leurs activités militaires. Interrogé en conférence de presse sur les propos de son haut-commissaire aux droits de l’homme qui a dénoncé un nettoyage ethnique, sa réponse est sans ambiguïté. « Quand un tiers de la population Rohingya doit fuir le pays, a-t-il dit, pensez-vous pouvoir trouver un meilleur mot pour décrire la situation ? »

De son côté, Aung San Suu Kyi a confirmé qu’elle ne se rendrait pas à New York durant l’Assemblée générale de l’ONU la semaine prochaine. Mais la Birmanie ne sera pas pour autant absente des débats. Deux réunions présidées par la Turquie et le Royaume Uni vont se pencher au chevet des Rohingyas.

rfi