Côte d’Ivoire: situation toujours incertaine à Bouaké

En Côte d’Ivoire, les forces armées régulières se sont rapprochées de Bouaké afin de peser sur les mutins qui continuent, à coups de tirs en l’air et de terreur sur les populations, de réclamer des reliquats de primes.

Les mutins étaient très énervés à Bouaké en fin de journée, dimanche. Il faut dire que le corridor sud d’accès à la ville est embouteillé sur des kilomètres par plusieurs dizaines de camions et de bus et qu’ils essaient de remettre de l’ordre dans cette pagaille en rouvrant l’axe routier.

Sans doute aussi à cran à cause de cette force militaire montée de Yamoussoukro et d’Abidjan dimanche matin, composée de forces spéciales et de gardes républicains dont les nombreux blindés légers et les pick-up sont disposés tout le long de la route avant Bouaké.

Vers une solution ?

Argument de poids que les lieutenants-colonels Cherif Ousmame, Kone Issiaka et Wattao ont certainement dû faire valoir lors de deux heures de négociations sur la route, quelques kilomètres avant Bouaké, avec une délégation de mutins. Ces derniers et les forces loyalistes ont longuement échangé avant de se séparer finalement paisiblement, chacun retournant à Bouaké ou à Yamoussoukro.

A Bouaké, la tension est remontée quelques instants plus tard en fin d’après-midi, les mutins semblant toujours déterminés à obtenir les primes réclamées. Le calme est tout de même revenu dans la ville en fin de soirée. Les derniers tirs de kalachnikov et d’armes lourdes se sont tus vers 20h et les mutins sont rentrés dans leur caserne.

A noter que les démobilisés qui, contrairement aux mutins, n’ont pas été intégrés à l’armée réclament eux aussi des primes. Cependant, ces anciens rebelles se désolidarisent du mouvement des mutins et refusent la violence pour se faire entendre, explique leur secrétaire général à Bouaké.

Rfi