Rapport de l’UE sur l’élection gabonaise: le pouvoir temporise, Jean Ping exulte

Au Gabon, trois mois après la réélection contestée d’Ali Bongo Ondimba, le rapport final des observateurs de l’Union européenne vient confirmer le doute sur cette élection. Présenté officiellement lundi 12 décembre 2016 à Libreville, ce rapport a redonné espoir à Jean Ping, qui n’a jamais accepté sa défaite. A Libreville, le pouvoir temporise.

Le rapport de l’UE contient 65 pages mais quelques petites phrases sur les résultats du Haut-Ogooué, fief d’Ali Bongo, ne passent pas inaperçues. « Dans le Haut-Ogooué, la mission a relevé un processus de consolidation particulièrement opaque et des anomalies au niveau des commissions électorales », a expliqué Mariya Gabriel, chef de la délégation de l’UE.

« Il est bien connu que le taux de participation, tel que publié par le ministère de l’Intérieur, y était de 99,93 % avec 95,47 % des suffrages pour le président sortant. En revanche, le taux de participation, au niveau national, sans le Haut-Ogooué, s’élevait à 54,24 %, a-t-elle poursuivi. Il est à noter que les résultats de cette province ont inversé la tendance constatée par la mission, sur la base des résultats annoncés par le gouvernement des huit autres provinces du pays. Ces anomalies mettent en question l’intégrité du processus de consolidation et le résultat final de l’élection. »

Jean Ping espère des conséquences

Mariya Gabriel a insisté sur le fait que son rapport n’est pas une décision. Mais Jean Ping, qui revendique toujours sa victoire, exulte : « Le rapport qui nous a été présenté est un très bon rapport. Ce rapport confirme sans ambiguïté ce que nous avons toujours déclaré sur cette élection présidentielle. Mieux, il démontre, de manière incontestable, que c’est moi, Jean Ping, qui suit le vainqueur de l’élection présidentielle. » L’opposant attend désormais de la communauté internationale et de l’UE, de l’UA et des Nations unies, « qu’elles tirent toutes les conséquences de ce rapport ».

Le ministre gabonais des Affaires étrangères, Pacôme Moubelet Boubeya, premier à recevoir la copie du rapport, a préféré s’appesantir sur les recommandations. « C’est un rapport qui arrive à point nommé, au moment où le président de la République vient de convoquer un dialogue politique. Ce sont des éléments qui peuvent être examinés par la classe politique si elle le souhaite », assure-t-il. A noter que la publication du rapport, pourtant très attendue, n’a provoqué ni déception ni scènes de joie dans les rues de la capitale.

Rfi