Retraité, provincial, europhile : le profil-type de l’électeur à la primaire de la droite

Qui ira voter, les 20 et 27 novembre, aux premier et second tours de la primaire de la droite et du centre ? La question est sur toutes les lèvres depuis plusieurs mois et de sa réponse dépend en grande partie l’issue du scrutin.

Si l’on parle beaucoup des indécis et notamment, parmi eux, des éventuels électeurs de gauche, on se penche moins sur le cas des électeurs qui, eux, sont certains d’aller voter.

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Leur sociologie est pourtant très instructive. La riche enquête menée sur le sujet par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), présentée mardi 15 novembre à la Maison des Polytechniciens, à Paris, met en évidence trois caractéristiques qui ont leur importance : les personnes âgées de 65 ans et plus représentent 41 % des électeurs certains d’aller voter dimanche, contre seulement 14 % pour les 18-34 ans ; les retraités constituent 48 % de cet électorat, quand les employés et ouvriers ne comptent que pour 17 % ; et une majorité de ces électeurs vit dans des communes urbaines de province.

Ce profil type de l’électeur certain de participer à la primaire – un retraité de plus de 65 ans vivant dans une ville de province – n’est pas neutre. Il influe directement sur les attentes citées dans les enquêtes d’opinion. Ainsi, parmi ces électeurs, les enjeux qui compteront « beaucoup » dans leur vote sont, pour 78 % d’entre eux, la lutte contre le terrorisme, la lutte contre le chômage et la relance de l’activité économique (72 %), la lutte contre la délinquance (69 %) et la capacité à réduire l’influence de l’islam (63 %).

L’enquête de la Fondapol souligne par ailleurs trois caractéristiques communes à ces électeurs et qui reflètent une vision du monde et de la société significativement différente de celle du reste de la population : ils sont ainsi 59 % à estimer que la mondialisation est une bonne chose pour la France (contre 47 % pour l’ensemble des personnes interrogées), 60 % à penser que l’Europe est une source d’espoir (contre 49 % pour l’ensemble des personnes interrogées), et surtout 89 % à considérer que l’État doit donner plus de libertés aux entrepreneurs – en clair pouvoir licencier plus facilement (contre 72 % pour l’ensemble des personnes interrogées).

Enfin, 10 % de ces électeurs certains d’aller voter à la primaire de la droite et du centre viennent de la gauche et 11 % du Front national.

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Toutes ces données permettent de comprendre pourquoi les sept candidats à la primaire de la droite et du centre ont chacun fait dans la surenchère libérale, ou pourquoi d’autres ont misé sur des thèmes et des positionnements chers à l’extrême-droite.

Mais elles soulèvent surtout une question fondamentale qui a notamment été pointée, lors de la présentation de l’enquête, mardi soir, par Jérôme Jaffré, directeur du Centre d’études et de connaissance sur l’opinion publique (Cecop) : le candidat qui remportera cette primaire aura-t-il une légitimité démocratique ?

France24

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