Guinée : Encore un journaliste séquestré par les forces de l’ordre.

La scène s’est déroulée ce lundi, 8 août 2016, la victime s’appelle Aboubacar Camara, il est journaliste-reporter de la radio Bonheur FM (101.4), l’une des radios de la place qui se font distinguer par leur professionnalisme. Il a été retenu et séquestré par les agents de la gendarmerie en poste à la SOTRAGUI sis à Matoto.

Le seul crime de notre confrère est de se rendre au siège de cette société de transport public (SOTRAGUI) afin de s’enquérir les réalités qui prévalent  par rapport à cette société qui est dans un Coma profond depuis un bon moment. La SOTRAGUI qui avait environ une centaine de bus qui faisaient le transport urbain et interurbain et qui au départ étaient un ouf de soulagement pour les usagers et surtout ceux de la capitale. Mais aujourd’hui, il n’est secret pour personne que ces bus se font rares sur la circulation. Etant journaliste, notre confrère s’est intéressé à ce sujet et comme le professionnalisme le recommande, il a voulu bien partir à la source pour connaître  les causes réelles de la rareté de ces bus sur la circulation. Mais malheureusement il s’est enfin retrouvé séquestré par les agents de la gendarmerie en poste au niveau de ladite société.

D’abord notre confrère a pris rendez-vous avec le syndicat des travailleurs de la SOTRAGUI, du nom d’Alexandre Camara. Arrivée sur le lieu de rendez-vous (au siège de la SOTRAGUI à Matoto), Alexandre Camara l’a conduit à son bureau pour l’interview, selon ce dernier, c’est au moment qu’il faisait l’interview avec le journaliste, que les gendarmes ont fait irruption dans son bureau pour intimider notre confrère de remettre son outil de travail (le dictaphone) et ses téléphones, avant de lui conduire en manie-militaire à leur poste où il a fait près de trois heures de séquestration. « Ce sont les responsables de la SOTRAGUI qui ont donné l’ordre forces aux agents d’empêcher l’interview, afin que la vérité ne soit pas connue » a laissé entendre un travailleur de la SOTRAGUI.

Soudain, les femmes travailleuses de ladite société se sont révoltées contre cette pratique ignoble et anti-démocratique des gendarmes pour que notre confrère soit libéré. La direction de la radio Bonheur FM où travaille notre confrère compte porter plainte contre les hommes du général Baldé qui sont posté à la SOTRAGUI.

Aujourd’hui, on se pose la question de savoir quel a été l’impact positif de la réforme du secteur de la sécurité engagé par le président, car depuis l’arrivée d’Alpha Condé à la tête de ce pays, les forces de l’ordre ne font que commettre des bavures contre les hommes des medias. On se rappelle encore le cas de consœur KOUKOU Mara du groupe de lance-lynx,  les nos confrères David tchopen Bangoura de la radio lynx et d’Abdoulaye Oumou du site guineematin pour ne citer que ceux-ci.

Ibra Sorel Cissé