Réconciliation Nationale : « Il reste un défi majeur à relever, c’est celui de la mise en œuvre des pertinentes recommandations » dixit Cellou Dalein Diallo.

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Le chef de fil de l’opposition guinéenne, Cellou DaleinDiallo  a pris part ce mercredi 29 juin 2016 à la cérémonie de remise du rapport des consultations sur la réconciliation nationale au président de la République, Professeur Alpha Condé par les co-présidents de la commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale. Selon lui, la mise en œuvre de ces recommandations, reste un défi majeur à relever.

« Pour l’instant, je n’ai rien entendue qui va dans le sens de la mise en œuvre, on n’a rien crée encore. J’espère que le président de la République va se retrouver avec son gouvernement, essayer de mettre en place les structures, se donner un calendrier pour la mise en œuvre de ces recommandations » a demandé le chef de fil de l’opposition.

A rappeler que la commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale a recommandée entre autres :

 Recommandations générales

  1. Que le Gouvernement s’engage à la mise en place des mécanismes de la justice de transition répondant effectivement aux attentes formulées par les populations au cours des consultations nationales ;
  2. Que le Gouvernement, les Nations Unies et les autres partenaires techniques et financiers engagent des discussions urgentes en vue de la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent rapport aux niveaux stratégique, programmatique et opérationnel ;
  3. Que la communauté internationale poursuive son appui au processus de réconciliation en Guinée en assurant le financement nécessaire pour la mise en œuvre des recommandations
  4. Que la prise en compte des besoins spécifiques des hommes et des femmes soit intégrée dans les mécanismes qui seront mis en place pour la réconciliation nationale en Guinée ;
  5. Que des réparations urgentes soient engagées pour les cas des victimes ayant des besoins pressants et ne pouvant attendre la mise en place et l’opérationnalisation des mécanismes proposés ;
  6. Que les acteurs politiques privilégient le dialogue comme mode de règlement des conflits ;
  7. Que la journée historique du 28 septembre soit institutionnalisée comme journée nationale du repentir, du pardon et de demande de grâce à Dieu pour le peuple de Guinée.
  1. Recommandations concernant le droit à la vérité
  1. Qu’il soit créé par voie législative, une commission de vérité reposant sur les principes et standards existants en la matière,
  2. A cet effet, la Commission devra :
  1. a) Prendre en charge les violations suivantes :

Assassinat,

–           Arrestation et détention arbitraire,

–           Pillage des biens,

–           Actes de torture,

–           Destruction des infrastructures publiques et privées,

–           Coups et blessures graves,

–           Viols,

–           Exécutions sommaires,

–           Violences sexuelles,

–           Incendie des maisons,

–           Décisions judiciaires injustes,

–           Exécution des personnes par le feu,

–           Exil forcé,

–           Dévastation des champs et du bétail,

–           Dénonciation des victimes pour les faire tuer,

–           Spoliation des biens et des propriétés,

–           Expropriation pour cause d’utilité publique sans indemnisation,

–           Expulsions.

  1. b) Enquêter sur les violations commises de 1958 à 2015
  2. c) Etre composée de personnalités de bonne moralité selon les préférences suivantes :

–           Membres des confessions religieuses,

–           Personnalités nationales choisies pour leur qualité personnelle,

–           Membres des organisations de la société civile,

–           Membres des professions libérales,

–           Personnalités étrangères choisies pour leur qualité personnelle

–           Agents du gouvernement/administration.

  1. d) Suivre dans son fonctionnement les standards existants en matière de conduite des travaux d’une Commission vérité,
  2. e) Proposer des mesures devant garantir la non-répétition des actes de violences graves commis,
  3. f) Etre indépendante de tout pouvoir et faire preuve d’impartialité,
  4. g) Accorder une grande attention aux groupes vulnérables particulièrement aux personnes âgées, aux personnes vivant avec des handicaps, aux enfants et surtout aux femmes ayant des besoins spécifiques,
  5. h) Proposer des mesures visant la mise en place d’un programme de réparations qui tiennent compte du contexte guinéen,
  6. i) Proposer des mesures d’apaisement des victimes,
  7. j) Publier les conclusions de ses travaux et des mécanismes de suivi.
  1. Recommandations sur le droit à la justice
  1. Que les mesures prises dans le cadre de la réforme de la justice en cours soient dynamisées et que la justice soit plus proche des citoyens,
  2. Que des sanctions exemplaires soient prises à l’égard des acteurs judicaires qui violent les lois,
  3. Que la chaîne pénale soit renforcée afin de rétablir la confiance entre les justiciables et la justice.
  1. Recommandations relatives aux réparations
  1. Que des réparations urgentes soient engagées pour des victimes dont la situation de vulnérabilité est attestée et nécessite une prise en charge médicale et psychologique,
  2. Qu’un programme de réparation réaliste tenant compte des réparations individuelles, collectives, matérielles et symboliques soit proposé par la Commission vérité à la suite des travaux. A ce titre, entre autres mesures doivent être envisagées :
  3. a) des mesures efficaces visant à faire cesser les violations persistantes dans notre pays ;
  4. b) la recherche des personnes disparues et des corps des personnes tuées,
  5. c) l’assistance y compris internationale pour la récupération, l’identification et la ré inhumation des corps conformément aux vœux exprimés ou présumés de la victime ou aux pratiques culturelles des familles et des communautés ;
  6. d) une déclaration officielle ou des décisions de justice rétablissant les victimes et les personnes qui ont un lien étroit avec elles dans leur dignité, leur réputation et leurs droits ;
  7. e) les excuses publiques, notamment la reconnaissance des faits et l’acceptation de la responsabilité de l’Etat et de ses préposés ;
  8. f) les sanctions judiciaires et administratives à l’encontre des personnes responsables des violations;
  9. g) la construction de stèles ainsi que;
  10. h) les commémorations et hommages aux victimes.
  1. Recommandations liées aux réformes institutionnelles
  1. Que des dispositions appropriées soient  prises en vue de la rédaction et de l’enseignement de l’histoire générale de la Guinée,
  2. Que des réformes engagées dans les secteurs de la justice, de l’administration, de la défense et de la sécurité soient dynamisées et soutenues par une stratégie de communication appropriée,
  3. Que des mesures idoines soient prises en vue de lutter contre l’instrumentalisation des ethnies à des fins politiques,
  4. Que des actions soient menées tant sur le plan légal qu’institutionnel en vue d’une professionnalisation de  l’administration en général et de l’administration électorale en particulier,
  5. Que les institutions républicaines soient renforcées en vue de servir de rempart à la commission de nouveaux actes de violations des droits de l’homme,
  6. Que l’approche genre soit prise en compte dans l’ensemble des réformes institutionnelles.
  1. Recommandations relatives à la mise en œuvre des recommandations des consultations nationales

Au regard des attentes exprimées par les populations au cours des consultations, il urge :

  1. Que la Commission Vérité soit rapidement mise en place et que les recommandations issues des présentes consultations soient traduites dans des actes concrets par l’Etat.
  2. La poursuite de l’appui et le maintien du secrétariat technique de la CPRN comme cellule de suivi de la mise en œuvre des recommandations des consultations nationales.

Hassan Housseïn 621 222 762